Un ordinateur quantique ne coûte pas le prix d’une berline ou celui d’un immeuble de bureaux. En 2025, la fourchette va du demi-million à plusieurs dizaines de millions d’euros, selon la puissance, le nombre de qubits et la technologie retenue. Louer une heure sur un cloud quantique, c’est parfois dépenser plus que le budget informatique annuel d’une PME. Acheter une machine, c’est engager son entreprise dans une aventure industrielle, entre salle blanche, câblage cryogénique et bataillon d’ingénieurs spécialisés.
L’informatique quantique en 2025 : comprendre une révolution technologique
Rarement une année aura bousculé autant le secteur de l’informatique quantique. Ici, le cœur bat au rythme du qubit, ce fragile champion des calculs simultanés, rendu vêtu de superposition et d’intrication quantique. Deux voies technologiques rivalisent : les circuits supraconducteurs, qui imposent de maintenir un froid polaire, et les ions piégés, exigeant un vide absolu et une stabilité de tous les instants.
Sur la scène mondiale, la course ne faiblit pas. Un prototype chinois de 105 qubits affole les compteurs, Fujitsu s’impose avec une machine à 64 qubits. Les ressources quantiques dans le cloud deviennent le nouveau terrain de jeu : entreprises et universités peuvent désormais réserver de la puissance de calcul sans se ruiner en équipements. Ce modèle mutualisé accentue les collaborations et dynamise la recherche sur la correction d’erreurs, véritable sésame pour le passage à l’échelle.
Quelques domaines profitent déjà de cette avancée, chacun à sa façon :
- Applications concrètes : optimisation de portefeuille, simulations moléculaires, cryptographie, gestion des réseaux énergétiques, détection de fraudes, prévisions météo.
- Défis actuels : maintenir la stabilité des qubits, maîtriser le refroidissement extrême, financer l’ensemble, attirer et former les experts, cibler les bons cas d’usage.
L’informatique quantique ne balaie pas l’informatique classique d’un revers de la main. Elle la complète, notamment pour l’IA générative ou les questions logistiques de plus en plus complexes. La route passera par la conquête de la correction d’erreurs et des prouesses d’ingénierie, deux front pionniers où tout reste à jouer.
Quels sont les coûts réels d’un ordinateur quantique aujourd’hui ?
Difficile de donner un prix catalogue : les machines quantiques s’échangent dans l’arène des consortiums et du très haut de gamme scientifique. Selon le Quantum Technology Monitor, le marché mondial de l’informatique quantique pesait 885,4 millions de dollars en 2023. Et pour 2032, les prévisions s’emballent à 12,6 milliards, gonflées par l’intérêt des gouvernements et des géants privés.
Le secteur s’articule autour de trois grands pôles. L’Amérique du Nord, forte de ses laboratoires et entreprises emblématiques, concentre 44 % du marché. L’Europe fait graviter ses startups et initiatives publiques tandis que la Chine, en Asie-Pacifique, joue la carte de la montée en puissance, tout comme le Japon qui mise sur des milliards en financement.
Derrière les chiffres, la réalité reste opaque au-delà de la centaine de qubits : seuls les États et quelques groupes mondiaux accèdent à de telles capacités. La plupart des organisations préfèrent donc miser sur le cloud quantique, concentrant leur effort sur les compétences logicielles et la sécurité, plutôt que dans l’achat d’une machine exclusive et coûteuse.
Investir dans le quantique : panorama des acteurs et opportunités à surveiller
C’est tout un écosystème qui façonne l’avenir du quantique. Les géants que tout le monde connaît avancent à force de moyens, posant pierre après pierre une démocratisation encore timide. Google vise le million de qubits pour demain, IBM se projette avec 100 000 qubits à l’horizon suivant. La réalité, c’est que chaque saut technologique reste un parcours du combattant, tant en ingénierie qu’en budget.
En parallèle, des spécialistes creusent leur sillon. Rigetti Computing travaille une puce sur circuits supraconducteurs, tandis qu’IonQ et Quantinuum misent sur les ions piégés, désireux d’industrialiser cette approche sans compromis. D-Wave choisit la voie du recuit quantique, alors que Pasqal et Quandela prennent parti pour les atomes neutres et la photonique. L’Europe tire son épingle du jeu avec des entreprises comme Alice & Bob ou Oxford Quantum Circuits, qui s’illustrent dans la robustesse et la correction d’erreurs.
Dans ce marché en ébullition, banques de renom, industriels et acteurs de la recherche s’impliquent pour améliorer l’optimisation financière, la simulation de molécules ou la découverte de nouveaux médicaments. Sous cette dynamique, les partenariats entre entreprises, universités et états multiplient les cas d’usage concrets.
Voici les leviers stratégiques et technologiques qui rassemblent le secteur autour de défis partagés :
- Technologies structurantes : circuits supraconducteurs, ions piégés, atomes neutres, photonique, qubits topologiques.
- Modes d’accès : calcul quantique dans le cloud, développement de processeurs maison, alliances industrielles à grande échelle.
La prise de risque demeure à la hauteur de l’enjeu. Miser sur le quantique, c’est accepter d’avancer sur un fil, mais aussi parier sur des retombées qui pourraient rebattre les cartes de la technologie et de l’intelligence artificielle dans le monde entier.
Vers 2026 : quelles tendances pour les prix et l’accessibilité des technologies quantiques ?
Le marché du quantique ne cesse de croître : 12,6 milliards de dollars annoncés dès 2032, pour atteindre 97 milliards en 2035 d’après certains analystes. L’Amérique du Nord garde la main, mais l’Europe progresse à grande vitesse grâce à la vitalité de ses startups et à ses politiques de soutien. De la Chine au Japon en passant par l’Arabie Saoudite, les milliards affluent pour soutenir la recherche et étoffer les infrastructures.
Le ticket d’entrée pour un ordinateur quantique reste encore très élevé. Réaliser une machine de plusieurs dizaines de qubits, avec supraconducteurs ou ions piégés, nécessite d’investir lourdement : chambres cryogéniques, correction d’erreurs, sur-mesure en ingénierie. Tandis que la Chine s’apprête à dévoiler un ordinateur supraconducteur à 105 qubits, IBM affiche son ambition d’en atteindre 100 000 avant 2033. Face à ces avancées, acheter un ordinateur quantique demeure l’apanage d’une poignée d’acteurs.
L’accès, néanmoins, franchit un cap grâce au calcul quantique à distance. Finance, recherche appliquée, industrie pharmaceutique, tous peuvent aujourd’hui exploiter la puissance du quantique à la demande, payant selon leur usage sans supporter le poids d’un investissement matériel colossal. La bataille actuelle porte sur le coût par qubit et sur le développement de plateformes logicielles robustes, portées par des investissements privés et publics.
Quelques chiffres récents soulignent l’ampleur des annonces et la dynamique d’investissement :
- Engagements majeurs : Japon (7,4 milliards $ en 2025), Royaume-Uni (45 millions GBP en 2024), Arabie Saoudite (6,4 milliards $ en 2022).
- Objectif collectif : augmenter la capacité de calcul tout en diminuant le prix d’accès, grâce à la mutualisation du cloud et l’industrie.
L’horizon se précise : la technologie quantique ne se joue plus seulement dans les laboratoires fermés, elle entre dans l’arsenal stratégique des grandes puissances et des entreprises majeures. Ceux qui domineront ce virage façonneront probablement la prochaine ère du numérique.


